Intervention d’Alexia Rivalet au colloque de Lillle, Décembre 2025

Dans le cadre de la journée d’étude intitulée :  » Écrivaines ouvrières, paysannes et précaires, contribution à une histoire littéraire de l’émancipation au XXème siècle », organisée à l’Université de Lille par Alexis Buffet et Victoria Pleuchot, ma communication portait sur l’oeuvre de Violette Leduc « entre précarité sociale et émancipations stylistiques ».

Après un bref rappel biographique, je suis revenue sur la réception critique souvent misogyne dont fut souvent victime l’œuvre de Violette Leduc. Une oeuvre qui explore les thèmes de la solitude féminine, de l’isolement social mais aussi de la sexualité féminine et homosexuelle, de l’avortement, et d’une relation mère-fille marquée par la faute de sa naissance illégitime. J’ai proposé d’analyser comment cette condition marginale – solitude, pauvreté, illégitimité – se traduit sur le plan stylistique et subvertit les normes littéraires dominantes. Dans un premier temps j’ai évoqué via notamment une étude lexicale, une écriture de la solitude et du quotidien trivial, une existence confinée à son logement appelé le « réduit », imposé par ses moyens économiques limités. Ensuite, je suis revenue sur la syntaxe de l’autrice, un style souvent coupé, pour exprimer l’inadéquation sociale et une voix qui se sent illégitime. De fait, j’ai ensuite analysé l’énonciation et le rapport ambivalent au « je » en particulier dans L’Asphyxie. Dans l’ensemble, j’ai évoqué le travail de Violette Leduc sur le style, qui constitue le sujet de ma thèse.Actuellement en 5ème année sous la direction de Stéphanie Smadja, je suis en cours de rédaction. Pour point de départ, je tente d’analyser pourquoi l’étiquette de « baroque » a été apposé sur le style de Leduc. Je dresse ensuite un « ‘imaginaire » littéraire de l’autrice, ses références, et retrace le contexte littéraire des années 20 à 45, avant la parution de son premier roman. Les chapitres suivants sont consacrés aux traits stylistiques propres à l’écriture de Violette Leduc comme par exemple son rapport particulier aux adjectifs, et ce qui constitue la phrase « Leducienne »