Parution: Ravages et l’invitée: politiques du roman parlé. Par Mireille brioude

in: Simone de Beauvoir Studies 33 (2022)

Référence de l’article : Brioude, M. (2023). L’Invitée de Simone de Beauvoir et Ravages de Violette Leduc: Politiques du roman parlé. Simone de Beauvoir Studies, 33(1), 98-118. https://doi.org/10.1163/25897616-bja10061

(Accès limité, me contacter)

Résumé: L’étude comparée de L’Invitée de Simone de Beauvoir, publié en 1943, et de Ravages de Violette Leduc, publié en 1955, met en lumière une divergence de conception de la création romanesque entre les deux écrivaines. La place prépondérante du dialogue dans les deux œuvres érige ce dernier en concurrent d’une narration à la première personne, ce qui introduit dans les romans un double plan discursif, interrogeant par là-même le mode d’écriture des deux projets romanesques. L’article souligne en particulier le statut inconscient d’une structure discursive genrée faisant apparaître une « parole féminine » fragile ou, au contraire, puissante.

16 janvier 2023 : Soutenance de la thèse d’Aya Nakamura

Université de Lyon II

Possibilité d’y assister en distanciel sur inscription

Le jury sera composé de :
Mme Martine BOYER-WEINMANN, Professeure émérite de littérature française, Université Lumière Lyon 2, directrice
Mme Franca BRUERA, Professoressa ordinaria, Università degli Studi de Turin, examinatrice
M. Dominique CARLAT, Professeur, Université Lumière Lyon 2, Passage Arts & Littératures XX-XXI, examinateur
M. Maxime DECOUT, Professeur de littérature française, Université Paris IV Sorbonne, CELLF, membre de l’IUF, pré-rapporteur
Mme Martine REID, Professeure émérite, Université Lille III, ALITHILA, pré-rapporteure

Résumé :  
Cette thèse vise à étudier les « postures » auctoriales des écrivaines en France de la période 1945-1970 à travers les exemples de Simone de Beauvoir (1908-1986), Violette Leduc (1907-1972) et Dominique Aury (1907-1998). Tout au long du XXe siècle, parallèlement aux progrès réalisés en matière d’émancipation des femmes, les écrivaines ont progressivement gagné en visibilité et ont été intégrées aux institutions littéraires ; mais que représente pour une femme des années d’après-guerre le fait de devenir écrivaine ? Que pourrions-nous dire sur leur position dans le champ littéraire et le processus de leur légitimation, et comment ont-elles fabriqué leur singularité ? Pour aborder ces questions, cette étude mobilise la notion de « posture » telle que définie par Jérôme Meizoz, qui désigne la manière dont une écrivaine ou un écrivain occupe une position dans le champ littéraire. En nous intéressant aux écrivaines appartenant à la génération de Beauvoir, à savoir celles qui ont été actives après 1945, année où les Françaises ont obtenu leur droit de vote, et avant le MLF des années 1970, nous explorons les diverses postures des écrivaines et la fabrication de leur singularité à travers quatre pôles thématiques : leur entrée en littérature, leurs engagements politiques, la question du dilemme entre le succès économique et le prestige littéraire, et leurs écrits sur la sexualité face à la censure. Outre Beauvoir, Leduc et Aury qui constituent notre corpus principal, nous considérons également les exemples de Françoise Sagan et de Nathalie Sarraute comme corpus secondaire.